ÉLECTIONS MUNICIPALES 2020 : FONTENAY AUX ROSES, LA PAROLE À PASCAL BUCHET

ÉLECTIONS MUNICIPALES 2020 : FONTENAY AUX ROSES, LA PAROLE À PASCAL BUCHET

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Candidat aux prochaines élections municipales à Fontenay aux roses, entouré d’une équipe totalement renouvelée, Pascal Buchet a répondu à quelques questions concernant les raisons l’ayant conduit à prendre la décision de se représenter

Vous avez décidé de vous présenter à nouveau comme tête de liste aux élections municipales à la mairie de Fontenay aux roses en 2020. Quelles sont les raisons qui ont motivé votre décision ?

Tout simplement parce que j’aime Fontenay-aux-Roses et que comme beaucoup de Fontenaisiens qui m’en ont fait part, je n’aime pas l’évolution que nous impose l’actuelle municipalité. Je pense aux services publics qui sont diminués, supprimés ou déplacés sur d’autres communes et à l’urgence environnementale totalement oubliée voire même mise à mal par l‘actuelle municipalité. Avoir réintroduit les pesticides que nous avions supprimés et se refuser à prendre un arrêté anti-glyphosate le démontre. Mais je pense aussi aux règles d’urbanisme qui ont doublé voire triplé la constructibilité dans tous les quartiers et ce que nous voyons déjà n’est rien encore par rapport à ce que pourront faire les promoteurs immobiliers. Si on ne change pas d’urgence les règles d’urbanisme, la surdensification programmée couplée avec les abattages d’arbres et la minéralisation de l’espace public, mettra en péril le Fontenay village qui fait le charme de notre commune auquel nous sommes attachés. Il faut dire stop avant qu’il ne soit trop tard à cette politique qui livre notre commune aux promoteurs. Et pour autant, il faut avancer mais en conservant le visage humain de la commune, créer du lien entre les lieux et les habitants et préserver les équilibres fragiles de la ville. Pour cela, il faut arrêter de gaspiller l’argent public, agir dans l’intérêt général et défendre les services publics, mettre en place une nouvelle équipe totalement renouvelée.

Comment envisagez-vous l’évolution de l’action politique face à la défiance de nos concitoyens envers leurs représentants ?  

 A Fontenay, peut-être plus qu’ailleurs, s’est creusé depuis 2014 un fossé entre les élus et les habitants. Et je pense que c’est en partie la conséquence du mépris exercé par l’actuelle municipalité et le maire en place qui, je le pense sincèrement, n’est pas fait pour cette fonction. Il est en effet aberrant qu’un élu local puisse passer son temps à décider seul ou avec ses amis. Le premier devoir d’un maire est d’écouter. Or, les exemples de choix imposés sont nombreux et cette concertation est en réalité une information des choix du pouvoir local. Cela crée des tensions, des recours multiples, des justes colères, des fractures entre habitants ou entre quartiers. Il faut tout au contraire réunir, apaiser, créer du lien pour mieux vivre ensemble et s’inspirer de ce que disent les habitants et leurs associations. Cela permettra aussi d’éviter les gaspillages d’argent public comme je l’ai déjà énoncé car ils sont d’autant plus choquants que cette municipalité a fait exploser les impôts locaux depuis 2016. Il faut donc changer de méthode et renouer avec l’indispensable confiance mais cela ne suffira pas. Il faut aller plus loin. Je souhaite donc que notre commune devienne un laboratoire pour une nouvelle gouvernance locale, innovante, audacieuse, qui ne reposera pas seulement sur les élus mais beaucoup sur les citoyens, tous les citoyens de tous les quartiers et de toutes conditions.

Vous attachez une importance primordiale à la démocratie participative, qui sera au centre de votre campagne. Mais comment la définissez-vous, et croyez-vous que l’on puisse réellement la mettre en pratique ?

Il faut tout d’abord redonner la parole aux Fontenaisiens, à tous les Fontenaisiens et en particulier, et ils sont les plus nombreux, à ceux que l’on n’entend pas ou qui ne s’expriment pas alors qu’ils sont ceux qui ont le plus besoin d’une action locale pour améliorer leur vie quotidienne aussi bien en termes de cadre de vie que de moyens pour mieux vivre. C’est ce que nous ferons pendant la campagne mais surtout après les élections. Pour moi, la première richesse de Fontenay-aux-Roses, ce sont les Fontenaisiens. Il faut leur rendre le pouvoir trop longtemps confisqué. Ils sont source de propositions et de moyens pour les mettre en œuvre sans que cela coûte nécessairement. Nous avions beaucoup développé la démocratie participative avant 2014 avec les comités d’habitants et les conseils de quartier mais il va falloir aller plus loin, créer une vraie participation citoyenne car  les élus ne doivent plus décider seuls mais avec les habitants. Nous travaillons donc sur des nouveaux outils qui permettront de renforcer la participation, voire la décision citoyenne pour l’avenir de notre commune. Ces propositions seront au cœur de notre projet.

La question du renouvellement, en politique, est l’une des préoccupations majeures des électeurs. Pensez-vous sincèrement pouvoir l’incarner ?

 La liste que je conduirai illustrera le renouvellement politique local. Il est d’ailleurs cocasse de voir que les autres listes sont composées essentiellement d’actuels ou d’anciens élus. Moi-même, j’ai beaucoup changé et beaucoup appris des difficultés de la vie autant dans ma vie personnelle, que politique ou professionnelle. J’ai pris beaucoup de recul et regarde la vie et l’avenir autrement. L’essentiel est dans la volonté que nous incarnons avec une équipe rajeunie, renouvelée, composée de femmes et d’hommes qui ne pensaient pas faire de la politique mais qui ont compris qu’il était temps de s’engager pour leur commune et pour changer le cours de la vie communale. Ce seront des élu-e-s d’un nouveau type, qui acceptent de partager le pouvoir dans l’intérêt général et parce que nous sommes convaincus que l’intelligence collective sera la clé pour un mieux vivre et un mieux-être ensemble.

Quel regard portez-vous sur les 6 années de mandat de Laurent Vastel ?

Je n’aurais pas pensé me représenter s’il avait agi autrement. S’il avait seulement compris ce qui fait la richesse de la commune, ses habitants, ses équilibres, son charme, s’il avait su écouter les autres, y compris ses opposants. Il a fait tout le contraire et c’est bien dommage. Notre commune et ses habitants ont perdu du temps et de l’argent, du temps car en six ans beaucoup aurait pu être fait, de l’argent car ils ont dépensé beaucoup, augmenté les impôts, dilapidé le chèque du CEA (9.5 M€ qui revenaient aux Fontenaisiens) sans avoir en face des améliorations ou des services publics. Je ne dis pas que tout ce qui a été fait ait été mauvais mais souvent déjà prévu ou engagé avant 2014. Beaucoup d’argent a été dépensé dans quelques nouveaux projets non indispensables pour le moins (je pense par exemple à la place de l’église qui a englouti 1.800.000 €) alors que tant reste à faire de plus urgent ou plus utile. Imaginez-vous que plus de 35 millions d’euros sont dépensés chaque année en fonctionnement et plus de 7 millions en investissement. Vraiment, on peut faire mieux, beaucoup mieux et pour cela il faut que les habitants soient associés à la décision.

Vous serez le candidat du parti socialiste à ces élections. Être socialiste, ou de gauche aujourd’hui, a-t-il encore un sens après l’éclatement des clivages provoqué par l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir lors des dernières présidentielles ?

Tout d’abord, je suis né dans une famille de droite, mon grand-père était un grand homme politique plusieurs fois ministres, j’ai donc le plus grand respect pour ceux qui ne partagent pas mes idées mais qui sont républicains. Mon engagement à gauche n’a pas changé et j’y suis toujours fidèle, il repose sur des valeurs, la justice sociale et la solidarité, l’humanisme et le vivre ensemble. J’aime les gens et cela ne se décrète pas ou ne s’improvise pas.

 A cela s’ajoute aujourd’hui un nouveau défi, la nécessité vitale de préserver notre planète. Le libéralisme économique n’est pas compatible avec l’indispensable combat pour le climat. L’écologie qui oublie le social est vouée à l’impasse. La mobilisation des jeunes pour le climat et celle des gilets jaunes ne doivent pas être incompatibles. Je me refuse donc de voir la politique caricaturée entre des « écolos » purs et durs, une écologie punitive qui aggrave les inégalités et les injustices, et les « libéraux » qui se cachent derrière des grands discours écologiques alors que leur système par essence injuste va de plus à l’encontre de la planète et du climat. Ces caricatures existent malheureusement y compris dans notre commune. Prenons un exemple, les autres listes concurrentes veulent sans le dire rétablir le stationnement payant, les uns par libéralisme, les autres par écologie punitive. Sachons donc les démasquer mais surtout sachons les dépasser pour agir et réussir la transition écologique pour le climat tout en réduisant les inégalités. C’est le combat de la sociale écologie que nous serons les seuls à porter lors de ces élections. Et je crois que le niveau communal est essentiel pour y arriver. Le vrai nouveau monde est là et pas celui que l’on nous a fait croire très empreint de l’ancien monde …

Vous paraît-il encore possible de rassembler la gauche et les diverses oppositions locales autour de valeurs communes ?

Oui, je le pense, certains ont choisi la division au premier tour, c’est dommage mais nous les accueillerons pour le second tour. Mais surtout pour notre commune il ne doit pas y avoir un bloc contre l’autre mais au contraire des convergences locales que je veux avec toute notre nouvelle équipe, faire émerger. Pour cela, il faut sortir du microcosme local qui repose sur quelques dizaines de personnes qui à droite comme à gauche, résument le débat politique depuis des années, j’y ai contribué moi aussi, je le reconnais. Je les respecte profondément et leur place n’est pas à remise en cause. Mais l’heure est à l’ouverture vers les autres, les 23.000 autres Fontenaisiens à qui on demande de déposer un bulletin aux municipales tous les 6 ans ce que ne fait que la moitié d’entre eux. Sans compter les jeunes et les enfants que nous espérons également mobiliser pour l’avenir de la commune.

L’écologie prend une place de plus en plus importante dans la conscience collective, notamment auprès des jeunes. Dans quelle mesure sera-t-elle une intégrante de votre nouvelle politique municipale si vous êtes réélu ?

Comme je le disais plus haut, ce défi est vital et je le dis avec toute ma conviction de médecin, il sera donc au cœur de notre action et il doit aussi et surtout être porté avec les jeunes de la commune, nous aurons nos Greta Thunberg et pas seulement parmi les élus. La nouvelle écologie – la sociale écologie – que nous porterons haut et fort dans cette élection reposera sur un double objectif, agir sur tous les leviers pour préserver le climat (un grand plan climat local) et pour lutter contre les inégalités et les difficultés de nos concitoyens (solidarité et services publics). Ceux qui pensent faire l’un sans l’autre vouent l’écologie à l’échec. Il n’y aura pas d’écologie aboutie sans sociale écologie, telle est notre profonde conviction.

Pensez-vous que les multiples travaux réalisés par la municipalité actuelle aient permis de redynamiser la vie locale à Fontenay ?

 Je crois que c’est le plus grand échec de cette municipalité notamment parce que le commerce local a souffert de ces travaux non indispensables, parfois redondants et souvent sources de gaspillages. Imaginez qu’il a même fallu indemniser et souvent très mal voire injustement, les commerçants avec nos impôts. Le commerce local qui était pourtant présenté comme une priorité s’est transformée en leur pire échec. Mais reconnaissons-le, c’est un sujet qui n’est pas facile contrairement à ce que l’équipe actuelle a laissé croire aux Fontenaisiens avec les « y a qu’à ». Rappelez-vous que leur solution reposait sur un objectif affiché de faire venir 5000 habitants supplémentaires « au fort potentiel financier »  grâce à la promotion immobilière de standing facilitée et plusieurs milliers de logements en plus … Je pense que l’on ne doit pas opposer le Fontenay village et le développement commercial notamment grâce aux commerces de circuits courts par exemple qu’il nous faudra développer. De plus, la politique de minéralisation de l’espace public et d’abattage des arbres qu’ils ont menée ne favorise pas le vivre ensemble et la vie locale tout au contraire. Enfin, aucun équipement pérenne n’aura vraiment été créé sous cette municipalité. Nous avions par exemple créé une médiathèque, un marché, une cuisine municipale, une maison de la musique et de la danse… et cela donne du sens et du dynamisme à la vie locale.

Vous semblez vouloir aborder les choses de manière différente. Le temps du recul vous a-t-il été bénéfique, et à quelles conclusions vous a-t-il conduit ?

 Vous avez raison, j’ai beaucoup changé après avoir traversé des moments difficiles, parfois injustes où j’ai dû payer pour beaucoup, rien ne m’aura été épargné, les trahisons de ceux que l’on pensait loyaux, les difficultés personnelles que beaucoup malheureusement rencontrent. Ces six années m’ont permis de prendre du recul, de me poser pour mieux réfléchir seul et avec les Fontenaisiens sur les enjeux à venir, les nouveaux défis auxquels nous sommes confrontés et pour lesquels il nous faudra apporter des réponses nouvelles ou innovantes à l’échelon local. J’ai une longue expérience de la gestion municipale mais je n’ai aucune envie de refaire comme avant, comme la plupart des élus locaux qui ne pensent qu’à décider pour les autres ou de refaire ce qui a été fait. Loin de moi donc toute idée de revanche mais au contraire, je veux mettre mon expérience au service d’un nouveau projet, une nouvelle histoire pour Fontenay-aux-Roses, un dessein qui s’écrira avec les Fontenaisiens, tous les Fontenaisiens. Avec les nouveaux élus, nous serons leur porte-parole, la votation citoyenne sera notre outil, nous réussirons à faire évoluer Fontenay-aux-Roses tout en préservant ce qui fait qu’on l’aime.

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