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Cérémonie du 19 mars: La vérité pour le respect de toutes les mémoires et l’amitié franco-algérienne !

A l’occasion de la cérémonie du 19 mars qui a eu lieu cet après-midi à Fontenay-aux-Roses, en présence du Sous-Préfet, du Député, des Anciens combattants et des Porte-drapeaux, j’ai tenu à rappeler mon attachement à la vérité historique avec la reconnaissance officielle en décembre dernier de la date du 19 mars. C’est par la vérité que les mémoires s’apaiseront et que l’amitié entre la France et l’Algérie prospérera.  Ci-dessous le discours que j’ai prononcé. 

Allocution de Monsieur Pascal Buchet

Maire de Fontenay-aux-Roses

Conseiller général des Hauts-de-Seine

 

Monsieur le Député, Cher Jean Marc Germain

Monsieur le Préfet,

Mesdames et Messieurs les élus, Cher Gilles Mergy

Mesdames et Messieurs les Présidents du Comité d’Entente, Cher Robert Bergeronnaux

des associations d’Anciens combattants de Fontenay-aux-Roses et des villes voisines, Chers porte drapeaux que je tiens à saluer également

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

 

Je vous remercie d’être présents en ce jour de commémoration du 51ème anniversaire du cessez-le-feu en Algérie proclamé officiellement le 19 mars 1962, au lendemain des accords d’Evian qui ont mis fin à 132 années de colonisation française et ouvert la voie de l’indépendance au peuple algérien.

La commémoration de ce 51e anniversaire revêt cette année une dimension toute particulière. Elle intervient quelques mois après l’adoption par le Parlement de la Loi reconnaissant la date du 19 mars comme journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.

Cette reconnaissance officielle de la date du 19 mars était tant attendue, tant défendue, et particulièrement à Fontenay-aux-Roses où nous avons fait le choix de la vérité dès 1994 et soutenu le combat pour la réalité historique et le respect mémoriel porté par la FNACA que je salue chaleureusement. C’est avec vous au sein du comité d’entente que la municipalité a décidé de célébrer officiellement chaque année le 19 mars depuis 1994. C’est avec vous que nous avons voulu inscrire au fronton de notre monument les noms des soldats morts pour la France. C’est avec vous aussi que nous avons créé le square du 19 mars où nous nous rendons chaque année.

Et aujourd’hui, nous pouvons être fiers d’avoir enfin un député, Cher Jean Marc, qui a porté cette juste reconnaissance en inscrivant cette date dans la loi.

Cette reconnaissance officielle est un acte de vérité et de respect pour une mémoire apaisée et partagée comme l’a rappelé le Président de la République, François Hollande, sur la terre d’Algérie : « La vérité, elle n’abîme pas, elle répare, la vérité, elle ne divise pas, elle rassemble. »  » Cette amitié (entre la France et l’Algérie), pour vivre, pour se développer, elle doit s’appuyer sur un socle, ce socle, c’est la vérité. »

C’est ainsi que nous agissons à Fontenay-aux-Roses depuis que je suis maire.

La guerre d’Algérie, restée trop longtemps sans nom (Saluons d’ailleurs également à ce propos les députés et le Président de la République qui en 1999 l’ont qualifié de guerre), la guerre d’Algérie donc, ne devait pas rester une guerre sans date historique et symbolique de reconnaissance et de recueillement pour toutes ses victimes.

Les victimes de cette «sale guerre» ont endeuillé les deux rives de la Méditerranée. Cette guerre a volé la vie de 30 000 soldats et civils français et de 270 000 Algériens, auxquels s’ajoutent blessés, déplacés et disparus. Cette guerre a déversé son inhumanité avec ses horreurs et ses crimes. Cette guerre a opposé deux peuples frères et entaché notre histoire commune. Cette guerre restera à jamais une page sombre de notre histoire dans sa vérité et sa cruauté.

Honorer la mémoire de toutes les victimes, c’est ne pas oublier que le cessez-le-feu n’a malheureusement pas empêché d’autres morts et toutes ses souffrances. Je pense aux souffrances des rapatriés contraints d’abandonner leurs racines, et à celles des harkis honteusement abandonnés. Nous commémorons également aujourd’hui la mémoire de toutes celles et ceux qui de la « Toussaint sanglante » au massacre d’Oran ont payé de leur vie l’indépendance du peuple algérien.

Commémorer le cessez-le-feu de la Guerre d’Algérie en rendant hommage à toutes les victimes de la guerre d’Algérie, sans déni et faux-fuyant, c’est lever le voile de l’incompréhension qui a longtemps empêché la réconciliation. Seule, la paix des mémoires permettra de bâtir de part et d’autre de la Méditerranée un destin commun. C’est le message de notre Ministre, Kader Arif, que nous a lu le président du Comité d’entente.

Je souhaite rappeler ce qu’Albert Camus, ce fils d’Alger dont nous célébrons cette année le centième anniversaire de la naissance, écrivait : « toute autre politique que celle de la conciliation n’amènera pas seulement la mort inutile de Français et d’Arabes, elle accentuera la solitude arabe et la solitude française, et le malheur de deux peuples ».

Ces paroles témoignent de l’impérieuse nécessité d’écrire une nouvelle page de l’histoire entre la France et l’Algérie, celle de l’amitié entre deux peuples qui ont tout deux terriblement souffert et qui sont unis par des liens intimes, qu’ils soient historiques, culturels, économiques ou encore stratégiques. Sachons préserver et faire prospérer ces liens pour les générations futures. Sachons imaginer les projets qui nous permettront de forger le destin commun de la France et de l’Algérie. Sachons apprendre à vivre dans la fraternité et à partager l’idéal de paix, de progrès et d’humanité.

C’est tout le sens de la déclaration d’amitié qui a été signée récemment par les Présidents français et algériens. Juste après sa signature, François Hollande déclarait :   » Une déclaration d’amitié, je le disais, a été signée. (…) Elle se fonde sur trois exigences (…) La reconnaissance du passé dans le respect des mémoires, de toutes les mémoires. La seconde exigence, c’est la solidarité entre nos deux nations qui partagent tant de destins communs. Et enfin la troisième exigence, c’est de lever l’espérance. L’espérance pour la jeunesse, la jeunesse de l’Algérie, la jeunesse de la France, celle qui va demain décider du sort de nos deux nations. »

51 ans après le cessez-le-feu en Algérie, assumons les responsabilités que nous confère l’Histoire et répondons aux défis de l’avenir. Nous le ferons tous ensemble en redonnant l’espérance pour la jeunesse de nos deux pays.

Vive la Paix, Vive la République et Vive l’amitié entre la France et l’Algérie !

 

SEUL LE PRONONCE FAIT FOI.